Dans l’univers de la musique classique, certains artistes marquent leur époque par leur audace. L’une d’entre elles a su fusionner tradition et modernité avec brio.
Dans les années 80, cette artiste française opère une transition historique. Elle adopte un instrument novateur qui redéfinit les frontières du son. « C’est le prolongement de mon bras », confie-t-elle en 1991.
Son parcours unique témoigne d’une passion sans limites. Des salles de concert prestigieuses aux studios d’enregistrement, elle explore toutes les possibilités de son art.
Découvrons comment cette virtuose a révolutionné sa discipline. Son approche technique et ses créations sur mesure continuent d’inspirer les nouvelles générations.
L’enfance musicale de Catherine Lara : des premiers pas au Conservatoire
Dès son plus jeune âge, une passion musicale s’est révélée chez cette future virtuose. À cinq ans, elle reçoit une trompette en cadeau, marquant le début d’un parcours hors du commun. Cet instrument, bien que temporaire, éveille son oreille aux nuances des cordes et des mélodies.
À treize ans, elle intègre le conservatoire de Versailles, où elle suit des cours trois après-midi par semaine. Sa mère, Mado, se souvient :
« J’ai usé trois 2CV pour ses cours »
. Cette rigueur institutionnelle, résumée par le mantra« Musique – musique ! », forge sa technique impeccable.
La découverte du violon et la formation classique
Le violon devient rapidement son instrument de prédilection. En 1965, elle décroche le premier prix du conservatoire de Paris, couronnant des années de travail acharné. Parallèlement, elle explore le piano et la guitare nylon, élargissant sa palette artistique.
L’influence de sa famille et des professeurs
Le soutien de sa famille, notamment de sa mère, fut déterminant. Loin de se limiter au cadre classique, elle cultive une soif de créativité, critiquant plus tard :
« Le conservatoire ? Une tare culturelle trimbalée des années »
. Cette dualité entre tradition et innovation deviendra sa signature.
Catherine Lara : pourquoi adopter le violon électrique ?
Un tournant musical s’opère au début des années 70. La rencontre avec Claude Nougaro en 1972 marque une transition audacieuse. Le classique cède la place au rock, sans jamais sacrifier la technique.

La transition du classique au rock
La révélation vient d’un concert avec Jean Ferrat.
« J’ai vu des mains taper sur du Bartók ! »
Cette énergie scénique devient une obsession. Lagestuelle, pourtant inchangée, prend une nouvelle dimension.
Les effets restent minimalistes : chorus et écho seulement. Comme elle le confie en 1984 : « C’est la même précision qu’en acoustique. » Bach est retravaillé pour garder cette rigueur.
Les avantages du violon électrique selon Lara
L’amplification libère l’expressivité. Plus besoin de lutter contre les contraintes physiques des salles. Avantage majeur : le son porte sans effort, même dans les grands espaces.
L’envie de fusionner les genres s’épanouit. Le rock offre une liberté que le classique ne permettait pas. Un équilibre entre tradition et modernité, propre à son style.
Les instruments uniques de Catherine Lara
Derrière chaque note se cache un artisanat exceptionnel. Depuis les années 80, une collaboration rare avec un maître luthier a donné naissance à des pièces uniques.
Le violon électro-acoustique fabriqué par Hervé Prudent
En 1985, une rencontre avec Hervé Prudent, artisan de Mirecourt, change tout. Leur premier projet naît après un concert à Orléans. « Ce violon au look particulier est mon trésor », confie-t-elle en 1985.
La fabrication demande 18 mois de travail. La forme ergonomique et la résonance sont ajustées pour ses performances scéniques. Comparé aux modèles Barcus-Berry, cet instrument offre une palette sonore plus riche.
L’importance des vieux bois d’érable centenaires
Le secret ? Des bois d’érable vieux de plus de 100 ans. Ces matériaux, sélectionnés pour leurs propriétés acoustiques, garantissent un timbre chaud et profond.
Les scientifiques soulignent leur densité exceptionnelle. Un rituel d’entretien rigoureux préserve cette alchimie entre le bois d’érable et les cordes. Une relation presque mystique lie l’artiste à son outil.
Les collaborations et influences musicales
L’univers musical s’enrichit souvent des rencontres les plus inattendues. Ces alliances artistiques ont façonné un style unique, mêlant jazz, rock et traditions lointaines.

Du jazz à la chanson : l’impact de Claude Nougaro
En 1972, une tournée fondatrice avec Claude Nougaro marque un tournant. « Nougaro m’a révélée à moi-même », confie-t-elle en 1984. Leur méthode ? Un équilibre entre liberté et discipline.
Le jazz devient alors un langage commun. Cette collaboration inspire des albums comme « Rockeuse de diamants », où classique et modernité fusionnent.
Les musiques du monde et l’inspiration rock
Les années 80 voient naître une fascination pour les chants bulgares et ukrainiens. Sébastian Santa-Maria, clé de « Nuit magique », l’accompagne dans cette exploration.
L’album « Aral » (2000) synthétise ces influences.
« Les tiroirs musicaux m’ennuient »
, résume-t-elle, défendant une hybridation culturelle audacieuse.
Le rock et les musiques du monde se mêlent ainsi, créant une signature inoubliable.
Les projets récents : entre violon et scène
L’artiste continue de repousser les limites musicales avec des projets ambitieux. Son approche innovante fusionne toujours plus d’univers artistiques.

La tournée d’adieux à la chanson
Une série de concerts exceptionnels marque la fin d’une ère. De 1972 à 2023, ce parcours retrace cinq décennies de création.
Le Palais des Sports accueille 500 choristes pour un final grandiose. « Je veux faire la jeune violoniste, pas la vieille chanteuse ! », déclare-t-elle en 2023.
| Date | Lieu | Particularité |
|---|---|---|
| Mars 2023 | Paris | Orchestre symphonique + violon électrique |
| Juin 2023 | Lyon | Collaboration avec artistes de cirque |
Le spectacle « BÔ » et l’album instrumental
Ce projet audacieux mêle danse aérienne et musique symphonique. L’Orchestre Lamoureux apporte une dimension classique à l’ensemble.
Le défi technique réside dans la synchronisation parfaite. Les instrumentistes doivent suivre le rythme des acrobaties en temps réel.
« Le violon prendra toute la place »
L’album associé capture l’essence de cette expérience sensorielle. Il propose des versions réorchestrées des grands classiques.
Conclusion
Son héritage musical redéfinit les standards artistiques. Catherine Lara a marqué la lutherie moderne en fusionnant tradition et innovation, prouvant que le violon électrique peut rivaliser avec les instruments classiques.
Son influence persiste chez les violonistes rock français, inspirés par sa passion et sa technique. Aujourd’hui, elle se tourne vers l’avenir, partageant son savoir via des masterclasses en ligne.
Comme elle le disait en 1987 : « Perdre mes mains serait perdre mon âme ». Une philosophie qui continue de guider les musiciens audacieux.



