Festival créé en 1988, afin de réunir en six jours, les grands noms de la culture contemporaine dans les domaines artistiques comme la chanson, le jazz, le rock et le théâtre. En 1993, l'art choral s'est joint à cette grande fête. Chaque année, il est parrainé par un grand artiste. 1993 : Etienne Roda-Gil, 1994 : Maxime Le Forestier, 1995 : Luc Plamondon-Michel Berger, 1996 : Serge Gainsbourg - Juliette Gréco, 1997 : William Sheller rock'n Schubert, 1998 : Nougaro, 1999 : Julien Clerc, 2000 : Corrida Sentimentale avec Alain Souchon et Francis Cabrel, 2001 : Charles Aznavour présente Swings de bohème, 2002: Laurent Voulzy.


L'émotion au rendez-vous avec Serge Perathoner, ancien arrangeur de Michel Gerger.
800 Personnes sont venues samedi soir au théâtre de Champagne applaudir la rockeuse de diamant. Une rockeuse convalescente qui sort tout juste d'un pneumothoras mais dont l'énergie, visiblement est intacte. Les Romantiques n'ont pas été déçus...
Catherine Lara avait promis des invités, elle est finalement venue seule. "Je suis vraiment désolée. J'ai été malade, clouée au lit et je n'ai pas eu le temps de m'en occuper" s'est-elle excusée quelques instants avant le concert. Peu importe, elle se suffit à elle-même. Et puis, elle n'était pas vraiment seule Catherine, puisque le ministre soi-même est venu l'applaudir. Un ministre que l'on a patiemment attendu une bonne demi-heure pour commencer le concert!
Un petit solo de piano et voilà Catherine Lara qui apparait, tout sourire et tout en noir, qui aggripe son violon pour "Au milieur de nulle part". Il n'en fallait pas plus pour que le public se mette au diapason de l'extraordinaire dynamisme de la dame. Un accueil qui a peut-être aidé la "Rockeuse de diamants" à vaincre ses appréhensions : "Il faut que je vous raconte mes misères. Il y a un mois, mon poumon est tombé. Rassurez-vous, on me l'a remis depuis mais c'est la première fois que je rechante de soir. L'émotion est intense. Ca me rassure de pouvoir chanter, de pouvoir respirer, et ça me rassure d'être avec vous ce soir".
Averti, le public décidera alors de la soutenir en cas de "panne" et se transformera carrément en chorale! "Eh bien, dites donc, bravo la chorale de Troyes! Je suis terrassée! Je vais vous prendre comme chorale et vous emmener avec moi, ça marche?" demande-elle. Le public est d'accord...
"Luc, t'es content mon petit chéri?"
D'accord également le public quand il s'agit de rendre hommage à Luc Plamondon, son "frère du Canada", "Luc est un poête tout simplement. Outre l'auteur de centaines de chansons, c'est un homme rare, une pièce unique. C'est un grand coeur, une grande âme. Il y a vingt ans que je l'aime et j'espère que dans vingt ans on sera encore là à faire des chansons" confie-elle. Déclaration d'amour publique qui ne laissera pas l'interessé indiférent. Luc Plamondon sur scène embrasse Catherine et ses musiciens accompagné de l'ovation du public debout. Le ton est donné, ce soir l'amour se mesure à l'infiniment grand...
Aussi Catherine Lara s'en donnera-t-elle à coeur joie, occupant la scène de toute son énergie. Plus d'une fois, elle posera le violon pour taper dans ses mains et accompagner ses musiciens au demeurant excellents. Les tubes s'envhaînent pour la plus grandre joie du public qui en demande que ça. "Nuit Magique", "Johan", "Les romantiques" déchainent la passion. "Ce soir on fait beaucoup d'effort. D'habitude je bouffe mes mots mais ce soir on prononce énormement. Luc, tu es content mon chéri?" s'inquiète-t-elle? Un "ouais!" retentissant et venant de la salle la rassure et le fait rire. Tout va bien, on peut continuer!
Et l'on continuera pendant près de deux heures, les nombreux rappels prolongeant le scpectacle d'autant. Pas question de la laisser partir. Elle veut nous décrire "la femme que je suis, comme je la fuis, comme elle m'ennuie", eux veulent que la nuit magique se prolonge.
ils finiront tout-de-même par se quitter, elle, visiblement émue, les remerciant pour "des instants comme ça" et , eux, debout, qui le lui rendent bien.
Cette soirée-là, c'est certain, ils s'en souviennent déjà...
Anne Bersonnet 