Barbara | Georges Moustaki | Denise Glaser | Françoise Hardy | Flo | Elisabeth Anaïs
« Je n’ai pas écrit pour beaucoup de gens, juste pour des femmes, Françoise Hardy entre autre. Un jour Barbara a souhaité me rencontrer. Nous avons beaucoup ri, passé des moments fabuleux et sommes devenues très amies. «
Catherine Lara (Paroles et musique 1985, Marc Legras)Quand Barbara téléphone à Catherine pour la rencontrer… Catherine n’en croit pas ses oreilles, elle se croit dans un rêve… mais ce c’est pas un rêve…« Dans un demi-coma, je crois comprendre que nous fixions un rendez-vous. Je ne manquerai pas de m’y rendre… Si je survis à ce coup de fil!!! ... Le jour fatidique je me présente au rendez-vous, le visage taillé dans un cachet d’aspirine et le reste du corps agité par des soubresauts incontrôlables. Devant mon état Barbara ne sais plus s’il vaut mieux me tendre la main… ou bien une chaise! Pour elle j’ai composé deux chansons « Accident » et «Au clair de la nuit » (album « Amours incestueux ») Elle m’a apporté une foule de choses et par dessus tout une grande émotion : la joie d’avoir pu écrire pour « La grande dame en noir .» Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu.)
« Si je vous dis que Barbara est gémeaux, vous comprendrez pourquoi nous nous entendons bien dès le départ. A nous deux, nous sommes quatre…! Et quatre fous plus passionnées, un jour rire, le lendemain la guerre, au total beaucoup d’humour, mais souvent noir. A jouer aussi à pile ou face, la seule perdante entre nous… c’est la pièce! » Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu).
Un jour, Barbara me présente Georges Moustaki : encore une rencontre qui va marquer « ma période fleurie » ! C’est un homme formidable et un véritable artiste. D’une humeur toujours paisible, il vit constamment sur sa planète. A l’époque où je le rencontre, je dois dire que moi aussi j’ai sérieusement tendance à me mettre sur orbite ! Du coup ça crée des liens. Il est curieux de constater qu’il réunit à lui seul toutes les qualités que j’aime !…
Il est fidèle en amitié. Il est intelligent sans en faire un étalage. Il est doté naturellement d’humour. Et je le trouve beau. Je n’ajouterai pas que c’est un homme extraordinaire… sinon ces quelques lignes pourraient bien être interprétées comme un déclaration d’amour !…
Cela dit, les aventures que nous vivons ensembles sont avant tout musicales.
Je me souviens d’une épopée particulièrement glorieuse à moto avec Georges ; un matin, il me propose de m’emmener à sept cents km d’ici vers des contrées inexplorées : je veux parler d’Avignon !
Pour une débutante en mal de scène, participer à un festival c’est surtout vivre une première expérience avec le public. C’est là que j’apprends à le connaître. C’est là aussi que j’apprend à donner un peu plus chaque fois, pour un jour savoir tout donner sur une grande scène.C’est à Georges Moustaki que je dois mon premier passage sur une grande scène : « Mon premier Olympia »… C’est un souvenir terrifiant que ces deux soirées en première partie du spectacle de Georges . Je ne suis pas encore montée sur les planches de la province que je me retrouve derrière le légendaire rideau rouge de cette grande scène parisienne. Le choc est immédiat ! Ma guitare et moi sommes littéralement paralysées sur place. Pour épater le grand public j’ai pourtant sorti le grand jeu : guitare lustrée, pantalon blanc à pattes d’éléphant, et brushing de circonstance… Mais le courant ne passe pas. Aujourd’hui une telle expérience me fait plutôt sourire. Mais sur le coup cette première approche du public s’est révélée plutôt décevante. Par la suite je suis retrouvée sur des scènes moins impressionnantes, à Thionville ou La Garenne-Colombes. Il me fallait suivre un entraînement intensif avant de me jeter dans « la grande arène », et puis je devais compléter mon répertoire de chanson en réalisant d’autres disques…
Catherine Lara l’aventurière de l’archet perdu
« Je lui dois des mots, beaucoup plus forts que « Reconnaissance » ou « Remerciements ». Denise a montré qu’elle faisait partie des gens qui ne s’arrêtent pas à des promesses verbales - Ceux-là se comptent sur les doigts de la main. Denise a cru en moi, et pour quelqu’un qui se remet sans cesse en question une telle marque de confiance est inoubliable. Aujourd’hui je voudrais témoigner mon amitié à cette grande dame, même si elle ne doit jamais lire ces quelques lignes. Puisque sa voix s’est désormais effacée au milieu de ses longs silences, je préfère me souvenir de Denise en laissant la parole à un silence plus bavard que des mots… »
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu)
Photo ci-contre : magazine Bonne Soirée 1972
Née en 1920, Denise Glaser est employée à la discothèque de la Radio diffusion française. Elle anime pendant 15 ans chaque dimanche son émission « Discorama ».Cette émission est née en février 1959. Pour faire découvrir au public des nouveaux talents, Denise allait chaque soir dans des salles de spectacle de Paris et de province, elle ramenait de ces sorties un ou une inconnue qui se retrouvaient devant la grande Glaser sur ce plateau où il n’y avait pas de secrets, même les caméras et les micros étaient visibles. Elle fut à la base des carrières de Catherine Lara, Brel, Hallyday, Ange, Maxime le Forestier, Sardou, Yves Simon…
Denise Glaser parlait très peu, elle écoutait… elle écoutait les silences de ses invités… les silences importaient plus que les paroles. Elle disait « Quand on veut que quelqu’un parle et l’écoute, le mieux est encore de fermer sa gueule… » Léo Ferré se mit à pleurer à chaudes larmes lors d’une émission…
Du jour au lendemain Denise se retrouve au chômage. Pour vivre, elle exerce des petits boulots, elle prête sa voix pour les pubs et elle réalise des courts métrages.
Elle vit isolée dans son appartement. Tous ceux qui la suppliaient de passer un jour à « Discorama » l’ignorent. Le 7 juin 1983 elle s’éteint à l’âge de 63 ans. Lors de son enterrement seules Barbara et Catherine Lara sont présentes. Toutes les deux, seules… En février 1986 TF1 diffuse un hommage… trois ans trop tard…
En 1985 :
« Denise Glaser, c’était plus qu’important. Elle a flasché, et après m’avoir écouté, elle m’a proposé de me consacrer une de ses émissions et de me présenter à une maison de disque si je décidais d’écrire des chansons. Cette femme exceptionnelle a tenu sa promesse et je lui dois un début de carrière foudroyant : trois quarts d’heure d’antenne, la chance inouïe de pouvoir m’exprimer. Au bout de son voyage, à son enterrement, il n’y a pas très longtemps, Barbara et moi, la grande et la petite, nous nous sommes retrouvées comme deux connes pour lui dire au revoir. En comité restreint. Dans un truc sinistre. »En 1996 :
« Quand Denise est morte, on était deux à l’enterrement : Barbara et moi. On s’est regardé toutes les deux, la grande et la petite, on s’est dit : « Putain, il n’y a pas grand monde ! » Que c’est triste l’ingratitude des gens ! »
« C’était avant que je me mette à chanter. Elle avait écouté ce que je faisais, elle avait bien aimé et proposait même de me produire un disque. C’est une personne extraordinaire. Elle manque totalement d’humour, mais elle aime tellement les gens qui en ont qu’elle finit par en avoir, elle aussi. Mais c’est surtout quelqu’un de très intelligent, de très clair et de très raffiné. Une fille très franche, une femme sans concession. C’est pour cela que je l’aime et aussi parce qu’elle est belle. C’est quelqu’un que je considère comme une véritable amie et qui m’a beaucoup influencée »
Catherine Lara (Paroles et musique 1985, Marc Legras)Conclusion, ce ne sera cependant pas Françoise Hardy qui produira le premier disque de Catherine Lara. Tout devait arriver en temps voulu, se mettre en place comme dans un rêve, comme si on l’avait attendue, comme si un espace avait été reversé pour elle seule !
(Chanson magasine février 1985, François Bensignor)
« La Flo, c’est plus qu’une choriste, mon public veut la voir à mes côtés. Depuis cinq ans (en 1987) elle chante avec moi. Quand je l’ai rencontré pour la première fois c’était au cours d’une audition chez moi. Toute la journée j’avais vu défiler des filles, des belles voix, des crécelles aussi, et aucune ne sortait vraiment du lot. Puis j’ai vu venir Florence. J’ai été frappé par son look et sa coiffure aussi redoutable que son trac. Impossible de chanter trois notes de suite, elle était paralysée et on a fini par éclater de rire toutes des deux. C’était gagné.
Florence est une fille formidable, elle a une énergie débordante. Je dirais même qu’elle ne tient pas en place, il faut tout le temps qu’elle bouge. D’ailleurs sur scène pour se dégourdir les jambes, elle vient voir de plus près si mon violon est aussi dingue que prévu ».
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu)
« J’ai pas l’habitude d’ouvrir ma porte aux gens qui m’apportent des textes : c’est ainsi qu’Élisabeth Anaïs est arrivée toute simple - très belle - pour me faire lire d’abord « Fatale » puis « Famélique ». J’ai trouvé ça vraiment beau et je me suis dit qu’on allait essayer d’en faire un truc. Je n’avais chanté jusqu’alors que des textes d’hommes : c’est important de pouvoir compter sur une femme auteur, ça se sent dans les textes « Don Juane c’est complètement moi ».
Catherine Lara (Paroles et musique 1985, Marc Legras)« Je l’ai reçue à cent pour cent, ainsi « Famélique » - « Des yeux brillants le ventre vide »- J’ai lu les textes, pris ma guitare, cinq minutes après la musique était faite »
Catherine Lara (Marie-France ,Mars 1984, CB)
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