Aimer un homme, aimer une femme...

Porte parole et porte drapeau | Canal+ | Catherine vue dans le magazine Gai Pied | On aime un homme, on aime une femme...

Porte parole et porte drapeau...

« Je n’ai jamais eu la prétention d’être un porte drapeau,
mais à un moment donné,
j’ai choisi la vérité,
c’est tout! »

Catherine Lara (Chorus)

Catherine Lara Beabourg 1987« Aimer à la fois les hommes et les femmes ne m’a jamais posé de problèmes de conscience. Je ne me sens pas du tout anormal, d’ailleurs je ne sais pas où sont les normes. Je ne cherche pas à cultiver un côté équivoque, j’ai une personnalité à deux faces qui s’accorde aussi bien avec les hommes qu’avec les femmes. A partir du moment où je ne m’amuse pas avec les sentiments, tout est naturel. Ce qui ne l’est pas c’est de faire des expériences amoureuses seulement par plaisir ou par curiosité. Ceci ne m’intéresse pas. J’aime les êtres et je les respecte jusqu’au bout de l’amour.

Et puis, je n’aime pas les étiquettes, dans la vie professionnelle, comme dans ma vie privée. Le besoin de toujours caser les gens dans un tiroir m’agresse : j’me sens claustrale. J’accepte seulement deux étiquettes : »Catherine Lara » et « Chanteuse ». Point final. Les précisions supplémentaires n’ont aucune raison d’être, même entre parenthèses. Je n’ai pas à décliner mon identité dans les détails, ma carte s’en charge ! Le seul signe particulier que je veux bien accepter c’est mon signe de zodiaque ! Le reste de ma personnalité ne regarde que moi et les gens qui me touchent de près, ou de force! 
Cela dit, je n’ai jamais caché mes façons de vivre à personne. Je n’ai jamais planqué mes amies chez moi pour jouer les célibataires endurcies en société. Ce qui fait bien ou ce qui ne fait pas bien n’a aucune valeur à mes yeux : l’important c ‘est que moi je me sente bien. »
Catherine Lara (l’aventurière de l’archet perdu 1987)

« Je ne cache pas mes préférences. Sincèrement, j’assume ma différence et mes attirances. Je n’ai jamais fait de faux mariage pour brouiller les pistes… Je suis amoureuse, bien dans ma peau, et surtout libre. J’ai vécu des vies collées à mes partenaires et j’ai souvent souffert de ces situations. Le côté kolkhoze de l’amour qui tue le désir c’est fini! »
Catherine Lara (Journal TV Belge)

« C’est malgré moi. C’est le fait que j’ai assumé ma vie. Sans faire d’apologie de la sexualité, de l’homo ou de l’hétérosexualité, je ne me suis pas planquée. Il y a des gens que ça choque toujours, ou que ça ennuie mais peut-être y-a-t-il aujourd’hui un peu moins de tabous de ce coté-là, tant mieux, par ce que certains sont très malheureux de devoir se cacher ».
Catherine Lara (Chorus)

Catherine Lara 1986

« Je me sens assez androgyne. C’est-à-dire très heureuse d’être une femme mais au bord de la vérité par un côté fonceur et énergique. Et puis je me sens attirée par les êtres en général. Je suis capable d’aimer indifféremment un homme ou une femme. Je ne provoque personne. Je tiens seulement à assumer tout ce que je fais ».
« Nous vivons dans une société sans tolérance. Or j’ai placé toute ma vie sous ce signe »
Catherine Lara


« J’aime les hommes qui peuvent pleurer et les femmes qui fument la pipe… »
Catherine Lara (Intimité Magazine 1983)

Au moment précis où j’ouvre les yeux sur l’autre côté de ma nature, mes parents reçoivent en pleine face la clé du problème qu’ils se posaient depuis plusieurs années… Ils me voyaient souvent accompagnée de femmes, mais jusque-là nous étions supposées échanger des propos enrichissants sur les chemisiers, les brushings et autres distractions féminines. En fait toute ma famille s’est procurés une paire d’œillères pendant plusieurs années pour ne pas voir la réalité en face. Et maintenant le déblocage automatique des paupières se fait difficilement !
Catherine Lara (L’aventurière de l’archet perdu)

« Le mariage ne m’a jamais branché… »
(Match février 1985)

1992 Canal+
Michel Denisot demandait à Catherine Lara :  
« Que regardes-tu chez un homme? » La réponse de Catherine fut : « Sa femme… »

Catherine Lara 2005« Ma réponse a pris un sens profond avec le temps. Sur le moment, c’était une façon de détourner l’interview. Je sentais qu’on allait aborder un sujet sur lequel je n’avais pas forcément envie de m’étendre. Aussi, quand il m’a demandé ce que je regardais d’abord chez un homme, j’ai répondu « Sa femme ». C’était une façon drôle et vraie de répondre , vraie à tous les niveaux. Je n’étais pas consciente de la force de cette réponse, de ce qu’elle disait de moi. C’était la bonne phrase au bon moment, le fruit d’une pratique quotidienne de l’humour. J’avais tout dis. Aujourd'hui encore on m ’en parle beaucoup. J’ai reçu un nombre incroyable de lettres de femmes qui se sont senties un peu libérées par mes propos. Il est tellement plus facile d’avoir une vie homosexuelle quand on est une artiste connue que lorsqu’on est ouvrier ou ouvrière chez Renault. Peut-être est-ce moins vrai aujourd’hui, car les choses ont avancé, peut-être même que j’ai fait bouger les mentalités d’un millimètre. Il y avait beaucoup de gens qui avaient honte. C’est horrible d’avoir honte d’aimer, c’est atroce ».
Catherine Lara mai 2005 magazine Tétu (Catherine Gonnard).

 

 


Dans le magazine « La semaine,  La dernière heure » en mars 1984,
magazine Canadien Catherine répond très justement à cette question :

« Quelle sorte de femme es-tu? »

« Je suis une femme très amoureuse, très passionnée. Je vis ma sexualité librement. Je veux dire par là que comme je chante les paroles de Luc Plamondon « Autonome. Libre d’aimer une femme ou un homme. Libre de vivre seule de n’être à personne… » Ce texte révèle exactement ma vie. Ca veut dire que si je suis attirée par un être, un individu qui me plaît physiquement, intérieurement, dont j’aime le caractère, le mauvais et le bon, j’embarque à toute allure. J’adore les défauts des gens d’ailleurs. Ca vraiment, ça m’éclate. Donc, lorsque j’ai rencontré des femmes qui m’apportaient ça, j’ai aimé des femmes. Et lorsque j’ai rencontré des hommes qui m’ont apporté ça, j’ai aimé des hommes. Je me sens complètement, non pas appartenant aux hétéros ni aux homos, mais à la sexualité tout court. Je suis complètement disponible pour recevoir quelqu’un. Quand je désire quelqu'un, je désire un cœur avant tout, quelqu'un qui me branche. »
Article de Ginette Ravel.

Catherine vue par le magazine Gai Pied
Propos recueillis par Marc Thrion en février 1986 :

Catherine LaraComment expliques-tu ton succès auprès des gays?
« J’ai horreur que l’on catalogue les gens d’hétéros ou d’homos. J’ai un respect profond pour l’amour, quel qu’il soit. Il faut vivre avec les gens qu’on aime. Deux femmes ou deux hommes ensemble, ça me comble de bonheur si je sens qu’ils s’aiment ! Mon public gay sent que je suis ouverte sur toute sexualité. Personnellement je suis attirée par des hommes comme par des femmes. Si je dois me sentir bien avec une femme, je serai avec une femme, même chose pour un homme… Ce sont les individus qui m’intéressent. Les gens savent que j’ai vécu avec des femmes, mais je n’ai pas envie d’être homo pour autant : la vision d’un homme ne me donne pas des boutons ! En France, on cherche souvent à piéger les gens à ce sujet. Moi, j’aime ceux qui vont jusqu’au bout. J’aime les transsexuels, par exemple. C’est un voyage qui me touche. Ça doit être tellement difficile ! »

Tu es féministe?
« Ah non, je hais les ghettos femelles ! Je m’emmerde et je déteste ça ! J’aime les femmes bien dans leur peau, celles qui s’assument comme femmes, pas des caricatures de femmes. J’ai besoin d’avoir des hommes autour de moi. J’ai d’ailleurs plus de copains que de copines ! « 

C’est quoi une belle femme pour toi?
Pour moi, une belle femme doit avoir des rides au font des yeux, parce qu’elle s’est marrée toute sa vie ! Bref, un esthétique qui me corresponde, car la beauté doit se ressentir. Une belle âme se voit sur la gueule…

Tu fréquentes les lieux gays?
Je suis allée partout ! Du 7 au Katmandou, en passant par le Babydoll et même le BH… Partout ! Mais je reproche à tous ces lieux de ne pas laisser entrer tout le monde. Si on est homo, on doit être bien ensemble, les femmes et les hommes ! Mais, en général, je me marre plus dans les boîtes d’hommes ! »

Les garçon sont touchés par des féminités écorchées vives. Je pense à toi, à Barbara ou à Véronique Sanson…
« Nous sommes des femmes à tendance androgyne. Le contraire de la femelle, caricature de la femme ! C’est une forme de sensibilité qui se rejoint. C’est aussi les chansons qui deviennent androgyne, quand elles s’adressent autant aux hommes qu’aux femmes. Si je me sens bien avec les homosexuels, c’est que leur sensibilité et leur fragilité me touchent. Ils sentent par instinct ma tendresse pour eux. Nous restons entre gens ouverts. L’homosexualité est du narcissisme aigu, une forme de sensibilité exacerbée… Entre narcisses, on est forcé de se retrouver… »
On aime un homme, on aime une femme. On aime, point barre!!!

« Oser dire ce que les autres cachent cela fait bouger les choses. Je l’ai fait chez Denisot. Je ne le regrette pas. C’est un souci d’honnêteté par rapport à soi et aux autres »
Catherine Lara


On aime un homme, on aime une femme. On aime, point barre.

Catherine Lara Télé star 2000 J’aime la femme dans sa féminité et j’aime l’homme presque dans son masochisme. J’aime nos différences. Il y a toujours mille raisons si on va chercher autre chose… Je ne plaisais pas aux hommes qui m’attiraient sexuellement, enfin je croyais. J’ai parlé de mon homosexualité à une période où il était important de faire éclater les tabous, quitte à me mettre à dos une partie de mon public. Mais je ne suis pas porte-drapeau, les ghettos, je les aime à la crème. J’ai pas mal trinqué dans des passions déchirantes. Le mot « Amour », j’avais mis une croix dessus, trop premier degré, niaiseux, impossible à prononcer. Par peur de souffrir aussi...

J’ai longtemps adoré être aimée, c’est le petit travers de ce métier, toutes ces bouffées d’amour que l’on respire! J’ai l’impression d’entrer dans une nouvelle période de ma vie. Il m’a fallut 50 ans pour trouver la bonne personne. Aujourd’hui, je prends plaisir à dire « Je t’aime » 250 fois par jour à une femme merveilleuse. Halte aux interdits!!!Catherine Lara août 2005 magazine Match, propos recueillis par Gaillac Morgue

« J’ai été très amoureuse du merveilleux violoniste solo des Musiciens de Paris. Yan jouait divinement et je crois que j’ai surtout été éprise du musicien. Mais il était très beau garçon blond aux yeux verts… Je lui dois des moments fabuleux. Je m’allongeais et je l’écoutais jouer le magnifique Arpegione de Schubert. J’ai toujours été folle de Schubert ».Catherine Lara (Télé loisir sept 1986)


« Je ne peux pas vous raconter la plus belle histoire d’amour, A chaque histoire, j’ai pensé que c’était celle de ma vie ».Catherine lara Télé Start 2000

« Rien ne me choque pourvu que les gens s’aiment et soient sincères. Ceux qui sont indécents sont ceux qui font semblant »Catherine Lara 1999

Vous avez toujours parlé sans gène de votre vie privée. On en vous a pas entendue sur la question du PACS pourquoi?

« Je n’en avais pas envie. Ma musique suffit à exprimer ma sensibilité et les ghettos m’ennuient même si, lorsque peu des gens le faisaient, j’ai parlé honnêtement de moi. L’idée d’être enfermée dans une sexualité m’ennuie. Et si le nouveau millénaire nous permettait plus d’indulgence envers les autres? »
Catherine Lara 2000

Catherine Lara« J’ai dû être foudroyée au départ car je fonctionne que par coup de foudre. Que ce soit pour la personne avec qui je vis ou pour mes a mis. Ce n’est jamais « tu me plais bien, c’est tu me plais vraiment… »

George Sand a influencé Catherine Lara

« Ce que j’ai dit, je l’avais sur le cœur. J’ai été honnête, je n’avais pas du tout envie de me défiler et puis George Sand m’a beaucoup influencée. Elle m’a convaincue qu’il est très important de vivre en accord avec ses idées. Et quand la vérité est là, la rumeur n’a plus de raison d’être. »
Catherine Lara 1994

Catherine lara décida de vivre avec une femme!…

A vingt et un an, la jeune femme est toujours vierge. Néanmoins, elle se décida tout de même à franchir le pas. Plus par curiosité que par réel désir. Et le résultat fut… désastreux :
« L’heureux élu avait quarante ans d’expérience dans le dos, mais cela ne lui avait pas appris le savoir-faire et la délicatesse à utiliser avec une jeune fille prude ! Je suis allée jusqu’au bout avec la terrible sensation d’accomplire une besogne. L’impression que j’ai tirée de cette expérience pesa dans ma mémoire pendant plusieurs mois. » 
Depuis ce jour, Catherine Lara a vécu une sorte de décalage avec les hommes. Elle a bien fait quelques tentatives et eut même un liaisons pendant trois ans. Mais comme à chaque fois, cette relation se solda par un échec. Ça devait être écrit quelque part, car elle a toujours été étrangement attirée par les femmes. Et son premier filrt, son premier éveil a l’amour, à l’âge de seize ans, ce n’est pas avec un garçon qu’elle la connut… Alors, peu à peu, l’évidence s’est imposé. Et au grand dam de sa famille, elle décida de vivre avec une femme! » Emmanuelle Bach 1994

Avoir un enfant…

« J’ai été enceinte et je n’ai pas gardé mon enfant à cause de ma marginalité. L’enfant est le fruit d’un mariage entre un homme et une femme. Je défends cette idée là. Mais si on vit en marge, il ne faut pas essayer de copier les normes de l’hétérosexualité. Assumer et vivons cette différence. C’est un choix de vie. C’est très égoïste de vouloir un enfant à tous crins. Pour le gosse qui est obligé de dire à l’école « Ma maman s ’appelle Nicole et mon papa Françoise » ça fait un os en plus! Déjà ce n’est pas un cadeau que d’enfanter aujourd'hui … » Catherine Lara Propos recueillis par Gaillac Morgue Match août 2005

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